samedi 19 septembre 2009
fin d'été, automne ensoleillée
Je viens de finir de lire «Là où les tigres sont chez eux» de Jean-Marie Blas de Roblès. Un livre somme mais que j'ai trouvé difficile. Plus j'y avançais plus le malaise montait. Je n'aime pas le désespoir, le cynisme, les affaires foireuses qui évidemment tournent mal. Mais quelle érudition, quelle écriture... magnifique.
Ce que j'en ai retenu c'est cette idée de faire écrire des carnets à un des héros, Eléazard. Un mot, une impression. Le tout sous une forme lapidaire. J'ai adopté, j'en fais mentalement en marchant, en attendant le bus, en sortant de cours ou ce réunion.
Voici ce que ça donne:
Réunion: refaire pour la 10è fois la même bataille, vivement la retraite
Attendre le bus: regarder passer les voitures... me semble qu'elles sont de plus en plus grosses. Rapport inverse entre la voiture et le volume du conducteur.
Soleil d'automne: pas chaud mais tellement lumineux
Tennis: à chaque balle bien frappée une frustration d'évacuée. Jouer le soir évacue toutes les foutues réunions de la journée
Changer de boss: refaire le monde une fois de plus, en réunion évidemment!
dimanche 23 août 2009
En pensant à la rentrée
La rentrée... ma dernière rentrée.
Avant, comme l'an dernier une halte bienfaisante à l'Île aux Basques. Le renard a fait fuir les lièvres et les campagnols... ceux qu'il n'a pas mangé.
Revenir de là, c'est dur. Je me perds. Trop de tentations, de choses futiles à faire: regarder la télé, un scrabble à l'ordi et le reste. Alors que sentir monter et descendre la mer, écouter les oiseaux de rivage puis des forêts, se coucher quand la lumière baisse trop, se lever quand le soleil chauffe à peine, tout ça: c'est vraiment bon! Et aussi parler peu ... le minimum.
L'amitié aussi, c'est bon, très bon. Je n'y pense pas assez prise dans le tourbillon. Il y a bien des choses que la vie de tous les jours occulte. La chance que j'ai d'être vieille et en santé. La seule des 3 à ne pas avoir un problème de santé connu, la seule aussi qui peut compter sur la glucosamine pour palier aux douleurs d'arthrose. Un détail? Non, vivre sans avoir mal : un privilège.
Ce n'est pas à la nouvelle année que je prends des résolutions, mais là au bord du fleuve, une bière à la main, face à la drôle d'église Notre-Dame des Neiges de Trois-Pistoles, qui semble flotter sur la brume. Les résolutions:
- essayer de vivre l'essentiel, le moment présent, de me délester du superflu, de l'inutile
- de m'accepter telle que je suis: superficielle, peureuse face à mes profondeurs, une artiste sans projet artistique qui fait dans le décoratif
- être une bonne mère, une bonne amie, un bon prof.
- ne plus me diperser, contrôler mon hyperactivité
C'est tout pour ce soir, je m'en vais manger la soupe aux Gourganes fraîchement faite.
lundi 3 août 2009
L'été passe, la vie passe
Je suis retournée près de 20 ans en arrière en allant passer une nuit au phare de l'Île du pot avec Hélène. Y ai croisé ma passion de jadis. Il n'est reste rien , pas même une braise tiède.
Est-ce ça vieillir? Quelque part j'espérais rallumer une flamme dans ces yeux. Pas quelque chose de durable, mais au moins un souvenir. Rien. Hélène, observatrice impartiale me l'a bien répété: rien de rien, il ne reste rien.
Quelques jours plus tard, j'ai rencontrer l'autre passion de la même époque (!), à l'épicerie. Mais, là oui, il reste quelque chose, de la tendresse, un intérêt. Nous nous sommes quitté par un baiser sur le coin des lèvres.
Et de nouveau la même question: puis-je de nouveau tomber amoureuse? Je pense que oui mais pas d'un inconnu, une amitié qui glisserait vers plus . Amireux comme dans la chanson, la différence d'âge en moins.
Mais lequel de mes ex me plait encore... seul le dernier rencontré, mais il est bien marié. Et de qui dans mes amis... encore un ou l'autre, tous bien mariés. Je vais attendre qu'ils deviennent veufs. Mais je ne veux de mal à personne. Patience. Ça ne me pose aucun problème de toute façon actuellement je n'ai pas le temps!
Ce temps qui file. Il ne reste presque plus de jours avant la reprise des cours. Le travail prévu n'est qu'à peine commencé. Mais il reste encore le séjour de filles à l'Île aux Basques. L'amitié... ça, ça compte vraiment et ça ne passe pas. La paix sur le fleuve, les couleurs, les oiseaux, les rires, les livres, les repas pour contrer l'anorexie!
dimanche 5 juillet 2009
Pauvre soleil
Il a bien de la peine à percer depuis une semaine. Espérons...
La semaine dernière alors que les déménagements de Québec flottaient littéralement dans la pluie, il y avait de larges éclaircies dans Charlevoix. J'ai eu le bonheur de visiter le Jardin des 4 vents entre soleil et pluie, des couleurs avivées par les averses, des perles de pluie sur les pétales et des écharpes de brume sur les paysages. Magique!
À lire absolument dans le dernier Châtelaine la chronique de Josée Blanchette: congé d'amour pour toujours. Le lien vous amène à son blog pas au texte en question que j'ai cherché en ligne en vain. Mais non... il n'existe que sur papier. Citations «une légion d'ancien ont rendu les armes, pris congé des grands élans, des promesses éternelles et du feu sacré (...) Je n'ai plus de libido, je suis libérée des hommes, je suis si bien seule... (...) Elle vient de se séparer et se sent vaguement coupable (...) La vie est trop courte à notre âge.» Et comme je me reconnais!
La semaine dernière un ex, très ancien, est venu passer la fin de semaine à la maison. D'abord j'ai compris pourquoi il était ex et ensuite, je me suis dit plus jamais... jamais... quel qu'il soit. Je vous entend dire : attend, il tombera du ciel. Mais en mon for intérieur je pense que je ne le relèverai pas.
À voir pour la nostalgie et le réalisme: l'heure d'été. La mort d'une femme de 75 ans très réaliste et seule et ses conséquences sur les proches et les objets. Les grands enfants qui ne veulent pas voir leur mère comme elle était, les besoins d'argent plus forts que la garde des souvenirs, les petits enfants oubliés... Le tout dans un décor à faire rêver surtout par un soir de pluie battante!
Comme disait mon père: les Français ne sont pas riches... ils ont du bien!
dimanche 21 juin 2009
la pluie...
Incontestablement, pour reprendre le thème central du blog, le temps passe. Radio-Canada coupe dans ses budgets et pousse bien des personnes vers la porte. Toutes ces voix qui m'ont accueillies au Québec disparaissent des ondes: Denise Faille... et tant d'autres. Ce matin Gilles Archambault en faisait une chronique sur le ton que j'aurais aimé prendre. Malheureusement ce clip n'est pas disponible sur le site de Radio-Canada. Mais, pour rester dans le thème radio, il n'y a pas que les retraites qui font mal, les émissions coupées faute de fond désolent aussi. Des amis perdus. Des talents laissés sur le bord de la route. Et cette impression d'impuissance face aux couperets des dollars, du temps, et d'un gouvernement inculte.
Heureusement, il y a de belles choses qui reviennent avec l'été comme la 3è édition de la Biennale du lin de Portneuf, toujours aussi belle, intelligente, inventive organisée par des gens simples, hyperperformants, sympathiques et doués pour recevoir les autres! Un des rêves de ma future vie d'artiste serait d'exposer au Vieux Presbytère ou au Moulin. Une idée à retenir: un vernissage au blanc pétillant, fraises et chocolat. Joyeux, santé et délicieux!
J'avais prévu un dimanche plein de matchs de tennis... ce sera du gymnase, du travail et du ménage.
dimanche 14 juin 2009
L'été
Un choc, le dernier message date de fin mars. Alors que je promettais d'écrire plus régulièrement.
Depuis, tant de choses. Mais surtout un certain bonheur. La vie de «vieille seule» qui s'installe. La retraite qui s'apprivoise, je commence à vivre les «derniers» machins: dernier cours de ceci, dernière collation des grades, dernière opération admission... non avant-dernière. Et aussi je commence à planifier des voyages, ma démarche d'artiste, m'occuper de maman.
Mais, je n'ai plus d'enfant dans la vingtaine, aujourd'hui Alexandre a eu 30 ans. C'est sans doute pourquoi j'ai choisi d'illustrer le mot par des jeunes oisons de Bernaches photographiés dans un parc de Bruxelles.
Par ailleurs je me sens plus jeune que jamais. Dur à gérer d'ailleurs ces fossés entre l'âge physique, l'âge mental et l'âge du calendrier. Lequel est le vrai? La publicité d'un élixir quelconque disait qu'on a l'âge de ses artères. Je me sens un âge x qui me fait sursauter quand je me vois vieille dans le miroir. Je me sens rejetée socialement quand je vois que personne ne m'écrit sur les sites de rencontre, 61 ans: une tare.
Hier, Thérèse a redéménagé à Québec. Le bonheur de la savoir amoureuse avec un gars bien, plus près de moi, dans une ville où elle se sent bien. Mais après une journée de déménagement... j'ai senti mon âge . Couchée à 20h30, endormie à 20h31, réveillée 11h plus tard. En superforme!
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